Petit guide du demandeur d'emploi
Prenons un exemple purement imaginaire :
Un jeune de moins de 25 ans vient de terminer ses études. Ses études, justement, il les a faites en France et aux Etats-Unis d'Amérique. Au cours de ses études, il a effectué des stages comme le requérait la direction des études de son école. Un seul stage était obligatoirement à faire à l'étranger, mais il les a TOUS effectué à l'étranger (Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Etats-Unis). Finalement, pour diverses raisons, il décide de venir tester le marché du travail français et se met à chercher du boulot en France.
A son retour d'Amérique, peinant un peu à retrouver sa langue maternelle, il se présente néanmoins au bureau des Assedic, pour se faire renvoyer car les inscriptions sur les listes de demandeurs d'emploi se font U-NI-QUE-MENT par téléphone. Une fois inscrit, il doit se présenter au bureau de l'ANPE gérant son domaine d'activité pour un entretien avec un agent chargé de remplir son dossier. Il y a bien une agence à 5 minutes de chez lui, mais non, il doit aller à celle situé de l'autre côté de la ville. N'ayant pas 25 ans, il ne peut demander le Revenu Minimum d'Insertion. Pas grave, avec ses 2 stages aux Etats-Unis, il lui reste de quoi vivre quelques temps. De plus, n'ayant jamais travaillé en France, a fortiori pas dans les 12 derniers mois, il n'a droit à aucune allocation. (idem que pour le RMI) Mais cette inscription lui permet de bénéficier d'une couverture sociale lorsque son statut d'étudiant échéera.
L'entretien à l'ANPE est assez surréaliste. On lui demande d'apporter un CV, une copie des diplômes ainsi qu'un formulaire à compléter. L'agent qui le recoit ne prête d'attention à rien d'autre qu'au dossier complété. Elle fait confiance à notre jeune demandeur d'emploi sur les diplômes qu'il a cités. (Bonjour la rigueur.) A la question sur la mobilité, notre jeune imaginaire répond mobilité totale : France entière, Europe, Monde entier. La réponse est insatisfaisante : on lui demande alors de fournir un rayon kilométrique maximum. Lui, ne veut pas donner de chiffre puisqu'il est totalement mobile. Il essaie de faire comprendre à son interlocutrice que s'il décroche un poste sur la région parisienne, grenobloise ou n'importe où ailleurs, il ne demandera pas son reste et trouvera un logement à proximité du lieu de travail. Il n'a aucune obligation : il n'est pas marié et vit temporairement chez ses parents. Peu importe l'agent est aussi têtue que son système informatique et ne veut rien entendre d'autre qu'un kilométrage raisonnable pour la mobilité. Ne cherchant pas de confrontation qui pourrait se révéler nuisible par la suite, notre personnage, après un bref calcul, finit par lacher le nombre de 50 kms. En fait, cette mobilité est importante car si on propose un poste correspondant au profil de notre jeune et dans le rayon de mobilité, celui-ci ne peut que l'accepter sous peine de se voir rayer des listes de demandeurs d'emploi et ainsi de ne plus bénéficier des avantages sociaux.
J'oubliais. Lors de son inscription, le service avait merdé, et notre jeune diplômé s'était retrouvé avec 2 numéros de dossier. Lorsqu'il avait appelé l'Assedic pour régulariser sa situation, il s'était presque fait pourrir parce que la personne qui l'avait inscrite n'avait pas fait son boulot correctement. Dément.
Notre désormais ami repart donc chez lui, son dossier sous le bras, content d'avoir perdu une heure de son temps, avec une organisation qui ne lui sera d'aucune aide dans sa recherche d'emploi. L'ANPE est très régionalisée. Du coup, elle n'a accès qu'aux offres d'emploi de sa région, ici le Languedoc-Roussillon pour notre ami. Dans un court élan d'amabilité, l'agent lui avait proposé de regarder les offres sur la région PACA voisine. Mais, il y en avait très peu. Heureusement pour lui, notre jeune ami est débrouillard et sait se retrouver dans la toile. Il se dit donc, je suis inscrit, plus jamais je n'aurai affaire avec l'ANPE, sauf le jour où je viendrai leur demander de me rayer des listes car j'aurai trouvé un boulot. Hélas, 3 fois hélas, il ne faut jamais dire jamais. Bien plus tôt qu'il ne pensait, il retournait à l'autre bout de la ville.
Notre ami avait entendu dire par des connaissances et par des recruteurs qu'il était possible de se faire payer les déplacements aux entretiens par l'ANPE. Tout content de sa découverte, au retour de son premier entretien, il appelle l'agence (en fait un serveur au numéro en 0811), afin d'éviter au maximum les traversées de la ville. Quelle ne fut pas sa déception quand on lui répondit qu’il fallait se présenter en agence AVANT l’entretien muni de la convocation pour se faire émettre un bon de transport (ou bon de réservation pour les allocataires) et ensuite aller à la SNCF pour prendre son billet. Aucun remboursement n’est fait a posteriori. Dès réception d’une nouvelle convocation, notre ami se rue alors à l’autre bout de la ville. C’était un mercredi après-midi. L’entretien le vendredi sur Paris. A l’accueil un monsieur (qui sourit quand il se pince) lui annonce que rien ne se fait sans rendez-vous. Pestant, hurlant, dégainant sa mitraillette et tuant tous les agents en service (ce n’était qu’un rêve les yeux ouverts, je vous rassure) rendez-vous fut pris pour le lendemain matin. Sans encombres et plutôt à l’heure il dégotta son bon de transport facilement. Trop facilement ?
Ce jeudi-là, notre ami avait un entretien téléphonique à midi avec un constructeur automobile japonais. Un peu pressé, il passa sans trop d’attente au guichet de la gare pour son aller-retour pour Paris. Juste après, on l’appelle de Mulhouse pour un entretien le mardi suivant. N’ayant pas l’envie de reprendre un rendez-vous pour le lundi, ni le temps pour un rdv le lendemain pour son bon de transport pour Mulhouse, il décide donc de retourner pour une deuxième fois dans la journée à l’ANPE sans rendez-vous. Osé ! Oui osé, très osé, même. Se dépêchant pour arriver avant la fermeture (16h30), il arrive vers 16h dans une agence désertée par ses employés. Seule une fille à l’accueil, ne pouvait pas filer en douce avant l’heure de fermeture. Notre ami se fait immédiatement pourrir parce qu’il arrive à la dernière minute, quand il n’y a plus personne. Luttant contre l’énervement montant, notre jeune d’ordinaire calme explique qu’il n’a pas pu faire autrement et que c’est maintenant qu’il a besoin de son bon de transport. Une fois assis à un bureau, il assène le coup "Je voudrais un bon de transport Air France". C’est en théorie faisable, puisqu’Air France a des sièges réservés aux demandeurs d’emploi. En théorie seulement, parce qu’après discussion avec le directeur d’agence, ni plus ni moins, notre ami est obligé d’accepter un bon de transport SNCF. Rien à faire des considérations de temps, Mulhouse a une gare, il faut y aller en train, sinon c’est à la charge du demandeur d’emploi. A préciser aussi que les bon de transport ne sont valables qu’en France métropolitaine ! Même pas pour un entretien en Corse. Alors, imaginez, un entretien au fin fond de l'Allemagne : niet !
Depuis, notre ami favori n’a pas encore remis les pieds dans l’agence ANPE. Son entretien téléphonique avec le constructeur automobile japonais s’était si bien passé qu’il a été convié à un Assessment Centre à Bruxelles et attends la suite des évènements. Eux n’étaient pas radins, puisqu’ils couvraient les frais de déplacement jusqu’à un certain montant.
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. ;)
Un jeune de moins de 25 ans vient de terminer ses études. Ses études, justement, il les a faites en France et aux Etats-Unis d'Amérique. Au cours de ses études, il a effectué des stages comme le requérait la direction des études de son école. Un seul stage était obligatoirement à faire à l'étranger, mais il les a TOUS effectué à l'étranger (Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Etats-Unis). Finalement, pour diverses raisons, il décide de venir tester le marché du travail français et se met à chercher du boulot en France.
A son retour d'Amérique, peinant un peu à retrouver sa langue maternelle, il se présente néanmoins au bureau des Assedic, pour se faire renvoyer car les inscriptions sur les listes de demandeurs d'emploi se font U-NI-QUE-MENT par téléphone. Une fois inscrit, il doit se présenter au bureau de l'ANPE gérant son domaine d'activité pour un entretien avec un agent chargé de remplir son dossier. Il y a bien une agence à 5 minutes de chez lui, mais non, il doit aller à celle situé de l'autre côté de la ville. N'ayant pas 25 ans, il ne peut demander le Revenu Minimum d'Insertion. Pas grave, avec ses 2 stages aux Etats-Unis, il lui reste de quoi vivre quelques temps. De plus, n'ayant jamais travaillé en France, a fortiori pas dans les 12 derniers mois, il n'a droit à aucune allocation. (idem que pour le RMI) Mais cette inscription lui permet de bénéficier d'une couverture sociale lorsque son statut d'étudiant échéera.
L'entretien à l'ANPE est assez surréaliste. On lui demande d'apporter un CV, une copie des diplômes ainsi qu'un formulaire à compléter. L'agent qui le recoit ne prête d'attention à rien d'autre qu'au dossier complété. Elle fait confiance à notre jeune demandeur d'emploi sur les diplômes qu'il a cités. (Bonjour la rigueur.) A la question sur la mobilité, notre jeune imaginaire répond mobilité totale : France entière, Europe, Monde entier. La réponse est insatisfaisante : on lui demande alors de fournir un rayon kilométrique maximum. Lui, ne veut pas donner de chiffre puisqu'il est totalement mobile. Il essaie de faire comprendre à son interlocutrice que s'il décroche un poste sur la région parisienne, grenobloise ou n'importe où ailleurs, il ne demandera pas son reste et trouvera un logement à proximité du lieu de travail. Il n'a aucune obligation : il n'est pas marié et vit temporairement chez ses parents. Peu importe l'agent est aussi têtue que son système informatique et ne veut rien entendre d'autre qu'un kilométrage raisonnable pour la mobilité. Ne cherchant pas de confrontation qui pourrait se révéler nuisible par la suite, notre personnage, après un bref calcul, finit par lacher le nombre de 50 kms. En fait, cette mobilité est importante car si on propose un poste correspondant au profil de notre jeune et dans le rayon de mobilité, celui-ci ne peut que l'accepter sous peine de se voir rayer des listes de demandeurs d'emploi et ainsi de ne plus bénéficier des avantages sociaux.
J'oubliais. Lors de son inscription, le service avait merdé, et notre jeune diplômé s'était retrouvé avec 2 numéros de dossier. Lorsqu'il avait appelé l'Assedic pour régulariser sa situation, il s'était presque fait pourrir parce que la personne qui l'avait inscrite n'avait pas fait son boulot correctement. Dément.
Notre désormais ami repart donc chez lui, son dossier sous le bras, content d'avoir perdu une heure de son temps, avec une organisation qui ne lui sera d'aucune aide dans sa recherche d'emploi. L'ANPE est très régionalisée. Du coup, elle n'a accès qu'aux offres d'emploi de sa région, ici le Languedoc-Roussillon pour notre ami. Dans un court élan d'amabilité, l'agent lui avait proposé de regarder les offres sur la région PACA voisine. Mais, il y en avait très peu. Heureusement pour lui, notre jeune ami est débrouillard et sait se retrouver dans la toile. Il se dit donc, je suis inscrit, plus jamais je n'aurai affaire avec l'ANPE, sauf le jour où je viendrai leur demander de me rayer des listes car j'aurai trouvé un boulot. Hélas, 3 fois hélas, il ne faut jamais dire jamais. Bien plus tôt qu'il ne pensait, il retournait à l'autre bout de la ville.
Notre ami avait entendu dire par des connaissances et par des recruteurs qu'il était possible de se faire payer les déplacements aux entretiens par l'ANPE. Tout content de sa découverte, au retour de son premier entretien, il appelle l'agence (en fait un serveur au numéro en 0811), afin d'éviter au maximum les traversées de la ville. Quelle ne fut pas sa déception quand on lui répondit qu’il fallait se présenter en agence AVANT l’entretien muni de la convocation pour se faire émettre un bon de transport (ou bon de réservation pour les allocataires) et ensuite aller à la SNCF pour prendre son billet. Aucun remboursement n’est fait a posteriori. Dès réception d’une nouvelle convocation, notre ami se rue alors à l’autre bout de la ville. C’était un mercredi après-midi. L’entretien le vendredi sur Paris. A l’accueil un monsieur (qui sourit quand il se pince) lui annonce que rien ne se fait sans rendez-vous. Pestant, hurlant, dégainant sa mitraillette et tuant tous les agents en service (ce n’était qu’un rêve les yeux ouverts, je vous rassure) rendez-vous fut pris pour le lendemain matin. Sans encombres et plutôt à l’heure il dégotta son bon de transport facilement. Trop facilement ?
Ce jeudi-là, notre ami avait un entretien téléphonique à midi avec un constructeur automobile japonais. Un peu pressé, il passa sans trop d’attente au guichet de la gare pour son aller-retour pour Paris. Juste après, on l’appelle de Mulhouse pour un entretien le mardi suivant. N’ayant pas l’envie de reprendre un rendez-vous pour le lundi, ni le temps pour un rdv le lendemain pour son bon de transport pour Mulhouse, il décide donc de retourner pour une deuxième fois dans la journée à l’ANPE sans rendez-vous. Osé ! Oui osé, très osé, même. Se dépêchant pour arriver avant la fermeture (16h30), il arrive vers 16h dans une agence désertée par ses employés. Seule une fille à l’accueil, ne pouvait pas filer en douce avant l’heure de fermeture. Notre ami se fait immédiatement pourrir parce qu’il arrive à la dernière minute, quand il n’y a plus personne. Luttant contre l’énervement montant, notre jeune d’ordinaire calme explique qu’il n’a pas pu faire autrement et que c’est maintenant qu’il a besoin de son bon de transport. Une fois assis à un bureau, il assène le coup "Je voudrais un bon de transport Air France". C’est en théorie faisable, puisqu’Air France a des sièges réservés aux demandeurs d’emploi. En théorie seulement, parce qu’après discussion avec le directeur d’agence, ni plus ni moins, notre ami est obligé d’accepter un bon de transport SNCF. Rien à faire des considérations de temps, Mulhouse a une gare, il faut y aller en train, sinon c’est à la charge du demandeur d’emploi. A préciser aussi que les bon de transport ne sont valables qu’en France métropolitaine ! Même pas pour un entretien en Corse. Alors, imaginez, un entretien au fin fond de l'Allemagne : niet !
Depuis, notre ami favori n’a pas encore remis les pieds dans l’agence ANPE. Son entretien téléphonique avec le constructeur automobile japonais s’était si bien passé qu’il a été convié à un Assessment Centre à Bruxelles et attends la suite des évènements. Eux n’étaient pas radins, puisqu’ils couvraient les frais de déplacement jusqu’à un certain montant.
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. ;)

3 commentaires:
Pauv' JB t'as bien du malheur !!!
Elle t'en fait bien baver l'administration française (la carne !!!)
En tout cas ça m'a bien fait halluciner cette épopé...
A bientôt, bon courage,
Par
Anonyme, À
17/10/06 12:01 AM
Oh la la quel parcours du combattant... 50km de restriction geographique tu dis? Fais-moi rire, tu partirais au bout du monde pour un boulot si l'occase se presentait...
Bon, ben..... Bon courage, moi je me prepare pour aller..... au boulot. J'espere que tu rayeras vite ton nom des listes de l'ANPE!
Par
Clotilde, À
17/10/06 1:58 PM
Thib: oui, l'administration, elle me soule !!! Faudra que je raconte l'episode d'aujourd'hui ! Il vaut son pesant de cacahuètes !!
Clotilde: bien sur que 50km de restriction, c'est juste sur le papier. mais en faisant ca, je me protege: admettons qu'on me propose qqch dans les 50kms et que ca correspond a mon profil, si je le refuse, je perds tous mes droits et avantages. Et comme dans les 50kms, on ne me proposera rien, je suis sur de garder mes avantages jusqu'a ce que je trouve ce que je veux à l'autre bout du monde. ;) Pq soyons honnete, un job d'ingé en méca flu dans le pétrole dans un rayon de 50kms, ca court pas les rues. Hé non.
Par
Jb, À
17/10/06 9:31 PM
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